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Introduction |
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Nous
avons réuni ci-après les présentations et les dialogues proposés au
cours d'un cycle de tables rondes sur des sujets concernant les arts
visuels, organisé entre les mois d'août 2001 et novembre 2002 à l'auditorium
de l'Alliance Française de Buenos Aires. Ce document ne saurait s'empêcher
d'être une abstraction, la représentation infidèle -en quelque sorte-
d'une série de réunions décidément encadrées dans les évènements de
cette période. C'étaient en effet des mois particulièrement volatiles,
dans tous les sens, et ce même dans une ville comme Buenos Aires,
au rythme régulièrement agité. La publication de ces textes obéit
au désir de proposer une sorte de petit panorama rétrospectif, sous
un nouveau jour et une autre optique, visant une description globale
du flux de pensées complexes propre à une époque.
L'idée est venue comme toute autre, peu à peu, au fil des nombreuses
réunions qui se prolongeaient parfois trop parce que l'on y parlait
trop de tout et de rien. Nous percevions que, tantôt pour des questions
structurales, tantôt sous l'effet de l'habitude, de la prudence ou
l'intérêt, les occasions étaient rares de participer à un dialogue
fluide entre artistes. Et nous avons même presque ressenti la présence
d'une barrière dressée entre les artistes et d'autres acteurs du domaine
artistique. Ainsi, de nombreuses discussions sur les thèmes communs
à tous étaient-elles tenues par de petits groupes isolés et se voyaient
donc privées de la force ou de la transcendance qu'elles auraient
pu avoir, nous imaginions, si elles avaient été menées à plus grande
échelle, et si plus de gens y avaient participé. Sur ce principe,
nous nous sommes proposé d'identifier ces thèmes qui "flottaient"
de bouche à oreille, et d'articuler ensuite certains paramètres pouvant
construire des sujets à plusieurs volets, des approches diverses à
partir desquelles nous pourrions échanger des points de vue.
Quand nous lui avons présenté notre projet, qui prévoyait un premier
débat à l'auditorium de l'Alliance Française, Nicolas Peyre a fait
preuve d'une attitude non seulement réceptive, mais enthousiaste.
Désormais, l'Alliance s'est établie comme un espace fort de rencontre.
Le professionnalisme et la patience infinie que nous y avons trouvés
nous ont permis de concrétiser nos projets. C'est l'aide énorme d'Estelle
Berruyer qui nous a enfin permis d'effectuer cette publication.
L'un des objectifs essentiels qui nous ont poussé à organiser ces
conférences, c'était la volonté d'ouvrir un espace de discussion,
un forum de débat public sur le rôle et les activités accomplies par
tous les acteurs du milieu de l'art. Nous avons essayé de traverser
les structures qui délimitent les différents champs et stratifications
du pouvoir, qui font souvent obstacle aux possibilités de rencontre,
de croisement, entre les différents acteurs dans le cours de leur
fonction normale. A un moment de changement abrupte, accompagné d'une
évolution difficile, il nous a paru qu'il était essentiel de compter
sur un double mécanisme -le plus agile possible- d'autoévaluation
pour aborder le présent, d'une part, et de réflexion et de dialogue,
d'autre part, pour pouvoir participer de manière active à cet avenir
qui arrivait déjà vers nous.
Notre point de vue d'artistes a naturellement conditionné assez l'ensemble:
c'est sur la perspective de l'artiste que nous avons axé la manière
d'analyser les différents sujets. Nous avons abordé ces sujets avec
un esprit large, en y incluant les différents types et les différentes
stratégies de production. Tout en respectant l'individualité et la
nature privée du modus operandi de chaque artiste, nous avons établi
des domaines communs, depuis le choix de la formation de base et de
la formation continue, jusqu'à la présentation de l'oeuvre au public
et l'analyse des facteurs qui ont des effets sur sa réception et son
interprétation.
Mais ce qui est surtout bon (et mauvais) dans les rencontres de ce
genre, c'est que finalement elles ont une vie à elles. L'éventail
de sujets engendrés, à partir de -ou malgré- ce qui avait été prévu
au départ, comporte des histoires très personnelles aussi bien qu'un
questionnement de l'objet même de l'art, le tout décliné sur des tons
qui vont de la franchise et la solidarité jusqu'au sarcasme le plus
empoisonné.
Les bonnes intentions nous mènent peut être tout droit en enfer; si
c'est le cas, nombreux sont ceux qui voudront partager ce voyage.
Si le cycle s'est avéré intéressant, c'est surtout grâce à l'attitude
d'engagement et à la bonne volonté des membres de chaque table ronde,
d'une part, et à la présence de tous ceux qui y ont assisté, qui ont
participé aux discussions menées à l'auditorium, et ensuite au dehors,
et enfin de ceux qui ont partagé avec nous leurs idées, leurs critiques,
leurs suggestions, tout au long du trajet.
Esteban Alvarez et Tamara Stuby |
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"Le
rôle des collections à l'heure actuelle" |
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Andrea Giunta
(Docteur en philosophie et lettres, chercheuse à l' Université de
Buenos Aires)
Gabriela Salgado (Commissaire, Collection d'Art latino-américain
de l'université d' Essex, Royaume Uni)
Marion Helft (Collectionneuse)
Gustavo Bruzzone (Collectionneur et éditeur de Ramona) |
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"Le
rôle des collections à l'heure actuelle" est le titre de la première table
ronde d'une série qui tâche d'ouvrir un espace consacré au débat des différentes
perspectives que présente le domaine de l'art contemporain à Buenos Aires.
Compte tenu des grandes transformations que subissent les nombreux rôles
qui composent notre milieu, il nous a paru important d'encourager un dialogue
qui donne lieu à une réflexion et des commentaires sur ces changements.
Le forum sera essentiellement local, mais il accueillera aussi des invités
pouvant offrir une perspective différente, ce sera ainsi le reflet d'un
aspect de plus en plus important dans le faire artistique actuel: la nécessité
de pouvoir travailler dans un contexte local et global simultanément.
Pour cette discussion, nous avons choisi comme point de départ le sujet
de la collection afin de réunir différents points de vue sur le rôle qu'elle
a dans le contexte actuel: comment les collections participent à la formation
d'une vision historique, leur rôle en tant qu'outil de recherche selon les
différentes conceptions des commissaires, ou leur fonctionnement comme cadre
d'exhibition et de connaissance. Dans tous les cas, nous espérons que la
discussion va apporter un nouvel éclairage sur la situation actuelle et
qu'elle définisse ainsi les nécessités et/ou les directions requises pour
un avenir proche.
Esteban Alvarez / Tamara Stuby
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"Formation
extra-institutionnelle dans les Arts Visuels" |
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Luis Felipe Noé
Claudia Fontes
Diana Aisenberg
Jorge Gumier Maier (quoique annoncé, il n' a pas pu y participer) |
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Les
artistes plastiques sont soumis à des exigences de plus en plus et complexes
et qui se multiplient, il en est de même pour les opportunités d'agir. Plus
que jamais, nous devons envisager la question de notre préparation, de la
formation et de l'information nécessaires pour mieux relever ce défi: bourses,
cours, séminaires, stages, projets collectifs, ateliers de perfectionnement
et surtout l'échange quotidien d'idées entre collègues, dont la contribution
à notre formation de base et à notre croissance permanente est peut être
plus importante que celle de toute autre institution d'éducation formelle.
Cette "formation informelle" est une arène où s'affrontent un éventail de
traditions et de nouveautés aux ramifications politiques, aux traits cachés
sous les ombres de certains tabous, et d'informations fragmentaires. Le
foisonnement croissant de ces activités et leurs ramifications visibles
sur la scène actuelle confirment l'importance de leur rôle.
Saisir cette chance de parler des multiples facettes de ce champ amorphe,
c'est, d'une certaine manière, l'embrasser activement, le faire intervenir
dans notre domaine, c'est cesser d'être des consommateurs passifs. Ce forum
nous permettra de réfléchir à ces divers chemins - comment et à quel degré
ils répondent aux besoins du développement artistique - et d'agir sur la
direction de l'évolution de notre domaine.
Esteban Alvarez / Tamara Stuby
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"Notre
crise est-elle en crise?" |
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Alina Tortosa
(Critique d'art/ commissaire)
Arturo Carvajal (Galeriste / producteur)
Tulio de Sagastizábal (Artiste / enseignant)
Arq. Andrés Duprat (Directeur du Musée d'Art contemporain
de Bahía Blanca et commissaire indépendant Quoique annoncé, il
n' a pas pu participer à la rencontre) |
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Si
l'Argentine attire en ce moment l'intérêt du premier monde, ce n'est pas
en raison de sa vie culturelle, mais de la crise qui l'affecte. Ce brusque
changement d'image est accompagné de la réduction certaine, depuis longtemps
déjà, du soutien qui, pour les arts visuels, pourrait être attendu de sources
locales. Plus que jamais, la production artistique est soumise à la pression
de deux mouvements: l'un tend à unifier sous un stéréotype une production
très diverse; l'autre, presque coercitif, pousse cette production à participer
de plus en plus au delà des frontières nationales.
Comment notre capacité à piloter la crise (celle de la production artistique
locale) va-t-elle conditionner la perception par le monde de notre crise
majeure (celle du pays)? Les interlocuteurs des circuits internationaux
vont-ils pouvoir sauter le fossé qui isole du rythme ininterrompu du monde
les événements très particuliers qui définissent notre ici et maintenant?
Esteban Alvarez / Tamara Stuby
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"La
pression pour un changement des arts visuels:
espaces, commissaires et circuits alternatifs" |
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Florencia Braga Menéndez
(commissaire / théoricienne / galeriste)
Marcelo de la Fuente (artiste / commissaire)
Roberto Jacoby (artiste / concepteur de la revue Ramona)
Magdalena Jitrik (artiste / commissaire) |
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Le
mot "alternatif" renvoie:
A. A l'inversion du jeu de forces entre artistes et critiques pour
identifier les nouvelles tendances?
B. A une situation qui déplace l'optique commerciale de la rencontre
entre l'art et le public, axée sur l'œuvre unique et la focalise plutôt
sur l'œuvre en série, aux dimensions et aux prix réduits, ou carrément sur
une autre affaire (bar, boutique...)?
C. A la combinaison des arts visuels à d'autres disciplines (musique,
théâtre, performance, design, poésie) dans le même espace et le même temps?
D. A l'occasion de montrer de l'art au public dans une situation
plus informelle et permissive?
E. A une participation accrue des artistes aux décisions majeures
concernant les conditions dans lesquelles leurs oeuvres sont montrées?
F. En fait, toutes ces réponses sont correctes.
Par sa nature, tout ce qui est qualifié comme étant alternatif s'attend
à un cycle de vie relativement court. Qu'est-ce qui est vraiment important:
les initiatives elles-mêmes, capables de transformer certains aspects du
domaine artistique, ou le fait qu'il existe un cycle vigoureux de renouvellement
permanent des différentes alternatives? En effet, si l'on assiste aujourd'hui,
pour l'art alternatif, au foisonnement d'espaces et d'initiatives, une grande
insatisfaction plane quant à la situation de notre milieu artistique. Quelles
sont ces alternatives qui nous font encore défaut?
Esteban Alvarez / Tamara Stuby
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"Un
disque d'or pour les arts visuels? L'art actuel et son public" |
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Ana Gallardo
(Artiste)
Agustina Cavanagh (Directrice du Programme "Pensée Visuelle"
de la Fondation ArteViva (Arti vivant))
Ana María Battistozzi (Critique et commissaire indépendante.
Directrice du programme "Etude Ouverte")
Adriana Rosenberg (Directrice de la Fondation Proa (Proue))
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Le
disque d'or de l'art n'existe pas; la possibilité de refléter d'une manière
aussi évidente la relation entre l'artiste et son public non plus, ni celle
de mesurer l'incidence sur ce même public des avatars de la carrière d'un
artiste. D'autre part, lorsqu'ils décident du type d'art qui va avoir une
visibilité, les critiques, les théoriciens et les gestionnaires des politiques
culturelles ont sur le goût du public une influence qu'il est difficile
d'évaluer.
Mais alors, le public de l'art contemporain, l'est-il spontanément? faut-il
le former? Cette question même de la formation d'un public renvoie à l'idée
d'un enseignement que les artistes ou les critiques devraient offrir aux
spectateurs pour les initier à une rencontre significative avec une œuvre.
Or, curieusement, les artistes sont de nos jours à la recherche d'un contact
plus direct avec leur public, où la présence d'intermédiaires et de structures
formelles soit minimisée. En effet, ils interviennent directement dans la
rue, ils s'occupent des textes qui accompagnent leurs oeuvres, incorporent
à leur vocabulaire des éléments visuels pris de la vie quotidienne ou s'approprient
les média populaires de masse. On pourrait penser qu'ils ont tous un but
en commun: l'ouverture du dialogue qui existe entre les artistes, leur art
et le public. Pourtant, jusqu'à ce jour, il y a si peu de pistes sur la
manière d'y parvenir, si peu de signaux indiquant si l'on s'approche de
ce but, ou si l'on s'en éloigne...
Esteban Alvarez / Tamara Stuby
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"Le
commissariat dans les arts plastiques:
un art, une science ou une politique?" |
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Victoria Noorthoorn
(Commissaire de la Collection Malba de Costantini; ancienne
Projects Coordinator de l'International Program du MoMA et Assistant
Curator of Contemporary Exhibitions au The Drawing Center à Nueva
York)
Mercedes Casanegra (Chercheuse et critique d'art argentin
et d'art contemporain. Présidente de l'Association argentine de critiques
d'art)
Andrés Duprat (Directeur du Musée d'art contemporain
de Bahía Blanca, commissaire indépendant)
Marcelo Pacheco (Commissaire en chef de la Collection Malba
de Constantini; ancien directeur de la Fondation Espigas (Épis))
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Dans
les écoles d'art, le contraste simultané est matière de l'une des leçons
de base du langage visuel; nous percevons une tâche de couleur comme étant
plus claire ou plus sombre, plutôt verte ou plutôt rouge, selon ce qui est
placé à coté. Ce phénomène, qui prouve la relativité de la perception, est
selon l'avis général l'un des piliers essentiels de l'évolution de l'art.
Or ce même principe peut être appliqué à échelle élargie à l'appréciation
des œuvres placées les unes à côté des autres, dont le voisinage produit
des effets de contamination non seulement sur les aspects formels mais aussi
sur les contenus et les positions. Mais pour l'instant on n'y consacre pas
la même attention. Nous entendons communément ce niveau de la considération
des œuvres à côté des œuvres comme correspondant à une discipline relativement
nouvelle: le commissariat artistique.
Le commissariat artistique décrit l'activité d'un méta-artiste, qui, par
la présentation d'une combinaison des œuvres d'art dans un espace, parvient
à moduler la façon dont elles sont perçues et comment leur signification
est perçue. Dans la pratique, il n'est pas facile de délimiter ou d'évaluer
cette action propre au commissaire. Consiste-t-elle à organiser ? à choisir
? à inviter ? à suspendre ? à légitimer ? Dans le meilleur des cas, l'action
des artistes et des commissaires est associée à une sorte de bras de fer
constructif. Or, c'est dans cette intersection complexe, changeante et contradictoire,
que la lecture de l'œuvre est en jeu.
Esteban Alvarez / Tamara Stuby
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"L'art
et l'éducation artistique: des ennemis naturels?" |
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Juan Doffo
(artiste / enseignant)
Carolina Antoniadis (artiste / enseignant)
Fabiana Barreda (artiste / enseignant)
Juan Carlos Romero (artiste / enseignant) |
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Qu'est-ce
qu'un artiste se doit de savoir? Qu'est-ce qu'il doit connaître s'il prétend
former des artistes? Au bout de cinq ans d'études d'odontologie, une personne
est censée être qualifiée pour être dentiste. Or, quelqu'un qui a investi
le même nombre d'années dans l'étude de l'art, il est préparé pour faire
quoi? Quelles sont nos attentes face à la qualification qu'un atelier, un
enseignant ou une institution attribue à un étudiant qui a suivi des études?
A supposer l'existence de certains fondements visuels, ceux-ci sont-ils
aujourd'hui pareils à ceux d'il y a cinquante ans? Notre manière de percevoir
le monde se transforme en permanence, elle est intimement liée à l'évolution
de notre culture. Et pourtant, l'enseignement traditionnel privilégie très
souvent le passé au détriment du présent. Comment assimiler alors le dialogue
entre notre époque et les époques plus éloignées?
Pouvoir décider et pouvoir définir quoi faire, c'est plus risqué que de
savoir faire. Les transferts des connaissances techniques ou pratiques entre
menuisiers, chirurgiens et artistes ne différent pas trop, pour l'essentiel.
Ce qui rend transcendante l'oeuvre d'un artiste, c'est sa capacité à inspirer,
à encourager des réponses qui sont plus complexes qu'une simple admiration
de la dextérité. Comment enseigner la créativité?
Esteban Alvarez / Tamara Stuby
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"Comment
et quand un texte critique fait désormais partie de l'histoire de
l'art?" |
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Valeria González
(DEA d'histoire de l'art de l'U.B.A., Professeur d'art contemporain
international, U.B.A.)
Patricia Artundo (Docteur ès Lettres, Universidade de São
Paulo, DEA d'Histoire des arts de l'Université de Buenos Aires; enseignante
et chercheuse, U.B.A.; commissaire de livres rares de la Fondation
Pan Klub - Musée Xul Solar)
Laura Batkis (DEA d'histoire de l'art, critique et commissaire
indépendante. Correspondant de la rubrique argentine de la revue internationale
Lápiz -Madrid)
Juan Carlos Romero (Docteur en philosophie et lettres, chercheuse
à l'U.B.A) |
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Qui
est-ce qui écrit en ce moment l'histoire de l'art du mois dernier? Un critique
d'un journal, ou un historien qui revalorise depuis des années cette critique?
L'histoire de l'art s'écrit par des images, des mots et des anecdotes; les
sources qui sont fiables aujourd'hui ne le seront peut-être plus d'ici cinq
ou dix ans. L' opinion populaire est le produit d'un travail permanent d'édition:
re-écritures qui accentuent, atténuent ou modifient l'ordre d'importance
des événements, des personnages et des œuvres.
Cet espace d'édition est la scène d'une lutte permanente entre l'opinion
et le récit "objectif", entre la clarté que propose la proximité dans le
temps et la perspective offerte par une plus grande distance, entre la rigueur
académique et le goût du sensationnel. Quelles sont les forces, et qui les
acteurs, chargés de moduler peu à peu ce qui va enfin devenir l'histoire
de notre temps? Y en a-t-il juste quelques-uns? Composent-ils tous une masse
amorphe? Est-ce que les artistes ont un rôle à jouer dans cette évolution?
Si oui, quel est ce rôle?
Esteban Alvarez / Tamara Stuby |
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